En cette rentrée scolaire, j’ai envie de vous parler du héros obscur de nos écoles primaires : le concierge.  Donnez-vous le temps de lire ces quelques lignes et vous comprendrez où je m’en vais avec ça!

Je peux fermer les yeux quelques minutes et me souvenir du concierge de mon école primaire.  Ce Monsieur qui se déplaçait avec son chariot aux mille outils et qui s’occupait que tout fonctionne bien dans l’école.  Celui qui faisait la « job de bras » pour remplacer la lumière du gymnase qu’on avait brisée dans les cours d’éducation physique, qui réparait l’intercom, qui passait la « vadrouille géante » dans les couloirs et surtout, la seule personne que je croisais quand j’avais réussi à arracher une permission pour aller à la salle de bain.

Tout dépendant de notre expérience personnelle, le concierge était soit un ami ou bien un personnage obscur et poilu à qui on n’était pas trop sûr d’avoir la permission d’adresser la parole.

Lors d’une soirée avec ma conjointe, j’ai eu la chance d’être assis à côté d’une directrice d’école primaire de la région.  À travers la conversation, elle me mentionne qu’une des activités-récompense préférée des garçons à son école était de « travailler avec le concierge ».  Une chance que le gros de ma bouchée était déjà passé car je ne serais pas là aujourd’hui pour vous en parler!  Peu importe à quel point je pouvais apprécier mon concierge, je crois bien que c’est la dernière idée que j’aurais eue de vouloir « travailler avec lui »!

En lisant l’incrédulité dans mon visage, elle m’a expliqué son interprétation de la chose et l’incrédulité s’est transformé en tristesse.  Elle me dit : « Tu sais, mon école est située dans le quartier le plus défavorisé de la Ville.  Pour bien des garçons, la seule figure masculine dans leur vie, c’est le concierge de l’école. »

C’est alors que j’ai réalisé que la si-minime-soit-elle présence que j’ai dans la vie de mon Petit Frère était d’une importance insoupçonnée pour lui. Si un garçon peut trouver du bonheur et du plaisir à « travailler avec le concierge » de son école, imaginez comment quelques heures aux 15 jours passées à « faire des affaires de gars » peuvent avoir un impact positif.

J’ai envie de m’arrêter ici en vous disant : « Tout commence par une présence »

 

Guillaume de Montigny

Grand Frère et Président

Grands Frères Grandes Sœurs de Québec.